Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Lors des Trente Glorieuses, en France, le circuit du Trésor permettait à l’État de mobiliser directement des ressources financières à travers des circuits internes de financement. Toutefois, ce système a été progressivement abandonné à partir des années 1960 au profit d’un recours accru aux marchés financiers.
La Banque de France pouvait accorder des avances à l’État, parfois à coût nul, mais ces montants étaient encadrés et plafonnés. La loi de 1973 a réorganisé ce mécanisme sans supprimer totalement ces possibilités, en maintenant des avances sous conditions et sous contrôle parlementaire[1]. Ce n’est qu’avec les évolutions ultérieures, notamment au niveau européen, que l’interdiction du financement direct par la banque centrale a été formalisée, en particulier avec le traité de Maastricht.
Dans ce cadre, le financement des États repose aujourd’hui majoritairement sur les marchés obligataires. Les États émettent des titres de dette achetés par des acteurs financiers, tandis que les banques centrales interviennent en rachetant ces obligations afin de maintenir des conditions de financement favorables, notamment par des taux d’intérêt bas.
Cette organisation conduit à une situation où la création monétaire existe déjà, mais s’effectue principalement via les marchés financiers et les mécanismes de rachat d’actifs. Ce fonctionnement alimente les marchés financiers et les portefeuilles d’actifs, tout en s’inscrivant dans une logique de stabilisation économique.
Par ailleurs, la question du lien entre création monétaire et inflation fait l’objet de débats économiques. Si une création monétaire excessive peut entraîner des déséquilibres, notamment dans des contextes de crise économique ou de baisse de production, les épisodes d’hyperinflation restent historiquement rares et liés à des situations spécifiques.
Enfin, la capacité des États à recourir à la création monétaire dépend en partie de la place de leur monnaie dans le système international. Les monnaies les plus utilisées sur les marchés de change offrent davantage de marges de manœuvre. Des réflexions existent sur une éventuelle réforme du système financier international afin de renforcer la souveraineté monétaire des États ou de repenser leurs modalités de financement.
Nicolas Maxime
[1] Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, Journal officiel de la République française, 4 janvier 1973.