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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Germinal : l'éternel mépris de la bourgeoisie

Bien que la série Germinal[1] présente de nombreux défauts, la comparaison avec notre époque actuelle démontre que la bourgeoisie avait toujours ce discours méprisant et condescendant à l’égard des classes laborieuses. Quelques exemples :

  • La femme du directeur qui vient visiter les corons pour se conforter dans son paternalisme : « Les mineurs ne manquent de rien, ils ont même du charbon gratuit. »
  • La remarque de la femme du directeur envers la mère de famille : « Avoir autant d’enfants, est-ce bien responsable ? »
  • La scène où la mère de famille vient demander l’aumône aux bourgeois et où on lui répond : « Chacun doit apprendre à gérer son budget. »
  • Les actionnaires de la compagnie qui demandent au patron d’en faire plus malgré ses chiffres positifs en temps de crise et d’éliminer la concurrence, et ce même directeur qui va répondre à ses mineurs qu’il ne peut pas augmenter leurs rémunérations à cause de la concurrence internationale et des salaires encore plus bas des immigrés européens.
  • La mise aux enchères des travailleurs pour remporter des chantiers, forme de retour au servage, pour payer au minimum les salariés, que ne renierait pas Deliveroo ou Uber.

Remettez toutes ces phrases et ces situations dans le contexte actuel, et l’on peut voir que peu de choses ont évolué. On a à peu près ou prou tous les éléments de langage paternaliste du macronisme ou de la droite néolibérale type Sarkozy ou Fillon : « les assistés », « les fainéants », « apprenez à gérer votre budget », « soyez responsables ».

Après la progression sociale du salariat pendant les Trente Glorieuses, nous retournons ainsi à l’ère Germinal. Si les salariés ne descendent plus dans des galeries sous terre, cela n’a pas empêché de voir des employés travailler durant la crise sanitaire sans masques et sans matériel de protection au péril de leur vie.

La classe dominante, la bourgeoisie, quant à elle, est toujours aussi méprisante, demandant toujours plus aux salariés pour accaparer toujours plus de richesses et satisfaire son idéologie mortifère capitaliste néolibérale. Cette classe sociale vit constamment aux dépens des autres pour s’enrichir et cela n’a pas changé depuis la fin du XIX siècle.

 

Nicolas Maxime


[1] David Hourrègue (réal.), Germinal, série télévisée en 6 épisodes, d'après le roman d'Émile Zola, France Télévisions, Banijay Studios France, 2021.

 

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