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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Violences policières, misère sociale et risques d’assignation identitaire

L’affaire impliquant Camélia Jordana a remis au centre du débat public la question de la relation entre les forces de l’ordre et les habitants des quartiers populaires. Les propos tenus font écho à un sentiment de peur et de défiance exprimé par une partie des habitants lors de leurs interactions avec la police. Plusieurs enquêtes, témoignages et long-métrages, dont le film Les Misérables, ont mis en lumière l’existence de contrôles au faciès, d’abus de pouvoir et de comportements racistes de la part d’une minorité d’agents, sans que cela puisse être généralisé à l’ensemble de l’institution policière.

Les quartiers populaires cumulent en effet des difficultés sbien documentées : chômage élevé, discriminations à l’embauche liées au patronyme ou à l’adresse, dépendance accrue aux aides sociales, précarité alimentaire, exposition à la délinquance et sentiment d’abandon par les pouvoirs publics. Ces réalités sociales nourrissent une défiance durable envers les institutions. Ce phénomène n’est pas propre à la France : des situations comparables existent dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, où plusieurs affaires de violences policières, dont celle de George Floyd, ont provoqué des mobilisations massives.

Toutefois, la dénonciation des violences policières et de la misère sociale pose la question de la grille de lecture mobilisée. Réduire ces phénomènes à une explication exclusivement identitaire comporte le risque d’effacer les déterminants sociaux au profit d’une logique de victimisation. Cette approche peut renforcer les replis communautaires, l’entre-soi et une opposition symbolique entre des groupes définis comme « eux » et « les autres », au détriment d’une analyse en termes de rapports sociaux et d’inégalités économiques.

En novembre 2018, une partie des habitants des zones périurbaines et des campagnes se sont rassemblés et ont formé le mouvement des « Gilets Jaunes ». On peut penser ce qu'on veut de ce mouvement, de ses revendications ou de ses tendances politiques hétérogènes et variées, voire parfois contradictoires. Les banlieues sont restées en majorité silencieuses, malgré des problématiques sociales parfois convergentes. Il est temps pour les habitants des banlieues de sortir des positions identitaires et victimaires et de retrouver leur pouvoir d'agir, c'est la seule manière de se faire entendre et pouvoir faire bouger les lignes.

 

Nicolas Maxime

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