Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
À l'extrême centre, la guerre de succession d'Emmanuel Macron a commencé. Gabriel Attal a annoncé officiellement sa candidature après celles d'Édouard Philippe et de Bruno Retailleau, tandis que Gérald Darmanin et Élisabeth Borne songent à se présenter.
Si on s'intéresse de plus près aux premières propositions de l'ex-premier ministre, on se demande bien si ce n’est pas lui le candidat du RN tellement son programme libéral-sécuritaire est calqué sur la droite dure : suppression des cotisations salariales, retraite par capitalisation, baisse des dépenses publiques, création d'une comparution immédiate pour les mineurs, atténuation de l'excuse de minorité, brevet obligatoire pour l'accès au lycée, interdiction du voile dans l'espace public pour les moins de 15 ans et « sursaut d'autorité » généralisé à l'école par la mise au pas des élèves perturbateurs. Pour se donner un petit côté pseudo-progressiste, il ajoute à cela une proposition sur la légalisation de la GPA « éthique ».
Et chez Brut, il ose parler d'avenir et de « campagne optimiste », balayant d'un revers de main les critiques en fustigeant les « 50 nuances de déclin » pour mieux occuper l'espace médiatique de ses éléments de langage. Et au second tour face à Bardella ou Le Pen, dont désormais la différence tient à l'épaisseur d'une feuille de cigarette, les militants de gauche feront les castors et appelleront à voter Attal.
Jamais la société du spectacle n'a aussi bien fonctionné[1]. Les programmes se ressemblent tandis que les mêmes recettes néolibérales et identitaires s'imposent comme unique horizon. Le casting change, mais la pièce reste désespérément la même, jouée d'avance au détriment des urnes et des citoyens.
En somme, Gabriel Attal, c’est finalement la continuité du macronisme en pire : le même logiciel néolibéral et sécuritaire sous des apparats progressistes.
Nicolas Maxime
[1] Guy Debord, La Société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967.