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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Socialiser les moyens de production plutôt que de limiter la fortune des riches

Limiter la fortune des riches — que ce soit à 10, 50 millions ou 1 milliard d’euros, peu importe — est une idée qui n'a aucun sens.

Le patrimoine des ultra-riches est principalement constitué d’actions, de participations dans des entreprises et d’autres actifs financiers. C’est ce que Karl Marx nomme le capital fictif, c'est-à-dire une richesse virtuelle et spéculative, déconnectée de la production réelle, dont la valeur fluctue au gré des marchés[1].

Pour générer des dividendes et maintenir sa valeur boursière, ce capital fictif doit impérativement se matérialiser dans l'appareil productif — les usines, les technologies et les infrastructures —, ce que Marx appelle le capital constant[2]. Face au « travail vivant », seule véritable source créatrice de valeur, ce capital accumulé reste stérile par lui-même : c'est du travail mort.

Karl Marx, photographie restaurée (avant le 24 août 1875), domaine public.

Ainsi, la fortune des ultra-riches n'est rien d'autre qu'un droit de tirage spéculatif (capital fictif) sur les structures de production (travail mort), dont l'unique fonction est de vampiriser le travail humain (travail vivant) pour se perpétuer.

Ainsi, la question n'est pas d'abord celle du montant des fortunes, mais l'extraction de la plus-value par les capitalistes. Une société peut compter moins de milliardaires et rester capitaliste si les moyens de production demeurent entre les mains d'une minorité qui puisse s'approprier la richesse créée par le travail vivant.

La seule idée tangible, c'est de socialiser les moyens de production et non de limiter l'enrichissement après coup. En retirant les outils de travail des mains des capitalistes pour les confier à la collectivité, on empêche la captation de la valeur à la racine. La socialisation permet une transformation des rapports de production visant à faire en sorte que la richesse appartienne à ceux qui la produisent.

 

Nicolas Maxime


[1] Karl Marx, Le Capital, Livre III, Éditions sociales, 1959 (1894).

[2] Karl Marx, Le Capital, Livre I, Éditions sociales, 1948 (1867).

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