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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Ursula von der Leyen, Christine Lagarde et l’impasse économique de l’Union européenne

La nomination de Ursula von der Leyen et de Christine Lagarde, respectivement à la tête de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne, donne le sentiment que rien ne changera dans l’orientation économique et monétaire de l’Union européenne.

Les dogmes néolibéraux et monétaristes, qui visent notamment à limiter l’inflation à 2 % et à contenir les déficits budgétaires des États membres à 3 % du PIB, reposent sur des choix politiques et économiques qui demeurent fortement contestés. Tant que ces principes ne seront pas remis en question, l’endettement public continuera de progresser malgré des taux d’intérêt historiquement faibles. Les pays les plus fragiles risquent de poursuivre leur appauvrissement, de céder une partie de leur patrimoine public et de fragiliser davantage leurs systèmes de protection sociale. Cette trajectoire pourrait conduire à une nouvelle crise économique majeure, marquée par une stagnation durable et des tensions sociales croissantes.

Pourtant, d’autres orientations pourraient être envisagées à l’échelle européenne. Parmi elles figure la possibilité pour les États de se financer directement auprès de la BCE afin d’investir massivement dans la transition écologique, une proposition inspirée notamment de la Théorie moderne de la monnaie. Une autre piste consisterait à permettre à la BCE de distribuer un dividende monétaire à l’ensemble des citoyens de la zone euro, afin que les bénéfices de la création monétaire profitent directement à la population plutôt qu’aux seuls marchés financiers. Une telle approche viserait à soutenir l’activité économique, renforcer le pouvoir d’achat et limiter les effets spéculatifs associés à la création monétaire actuelle.

Le débat sur l’avenir économique de l’Union européenne ne se résume donc pas à une opposition entre rigueur et dépenses publiques. Il porte avant tout sur la manière dont la monnaie est créée, distribuée et mise au service de l’intérêt général.

 

Nicolas Maxime

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