Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Ce samedi, des groupes minoritaires d’ultragauche et d’ultradroite ont profité de la manifestation pour piller, casser et saccager les Champs-Élysées. Ces agissements sont profondément regrettables et méritent une condamnation sans ambiguïté.
Cependant, au lieu d’assimiler l’ensemble des manifestants à ces violences et de jeter l’opprobre sur le mouvement des Gilets jaunes, il convient de s’interroger sur certaines réalités. Comment expliquer que les black blocs parviennent à s’infiltrer aussi facilement dans les cortèges ? Comment se fait-il que des individus parfois connus des services de renseignement ou revendiquant ouvertement leur appartenance à ces groupes puissent agir avec une telle facilité lors de manifestations répétées ? Cette situation ne nourrit-elle pas le soupçon d’une instrumentalisation destinée à discréditer davantage le mouvement social ?
Au-delà du choc suscité par les violences des black blocs et du sentiment d’impunité qui les entoure, les amalgames entretenus avec les Gilets jaunes sont tout aussi préoccupants. Plus inquiétantes encore sont certaines réactions observées chez des militants d’En Marche et des Républicains. Sur les réseaux sociaux et dans divers espaces de discussion, des qualificatifs tels que « vermine » ou « parasites » ont été employés pour désigner les Gilets jaunes. Ces termes, qui visent à déshumaniser des individus, rappellent de sombres pages de l’histoire.
D’autres ont réclamé l’arrestation des figures du mouvement. Or, lorsqu’un pouvoir emprisonne des personnes en raison de leur opposition politique, il s’agit d’une dérive contraire aux principes démocratiques. Plus grave encore, certains ont appelé à l’intervention de l’armée, à l’usage des armes contre les manifestants, voire à une action directe de citoyens organisés. De tels propos reviennent à souhaiter l’émergence de milices et à envisager un dénouement violent pouvant conduire à un véritable bain de sang.
Il serait injuste de généraliser ces prises de position à l’ensemble des militants de ces formations politiques, dont beaucoup tiennent des discours respectueux et attachés aux valeurs démocratiques. Néanmoins, ceux qui diffusent de tels appels à la haine portent atteinte à la République autant que les casseurs et les pilleurs qu’ils prétendent dénoncer. Ces excès témoignent d’un profond mépris à l’égard des catégories populaires, des travailleurs modestes et de tous ceux qui expriment leur colère face à des difficultés sociales réelles.
Nicolas Maxime