Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Alors qu'on atteint des records de température un peu partout en France, Emmanuel Macron semble toujours aussi déconnecté, se contentant de défendre le « gros travail » d'adaptation qui aurait été accompli[1]. Car nous avons eu depuis son élection un gouvernement qui n'a su faire face à aucune des crises successives : mouvement des Gilets jaunes, pandémie de Covid-19, inflation, crise énergétique…
Au début de la pandémie, on découvrait encore que des lits de réanimation étaient fermés par les agences régionales de santé et que les stocks de masques et de matériel étaient insuffisants, malgré les alertes lancées par les soignants et les médecins depuis des années.
Comme si ça faisait des années qu'on n'était pas au courant du dérèglement climatique et de ce qu'il allait se produire. Aucune mesure n'a été prise. Pire, on est allé dans le mauvais sens.
Même si la climatisation électrique n'est pas, en soi, une solution, peut-on accepter que des écoles, des hôpitaux, des EHPAD, des crèches ou des établissements médico-sociaux accueillent des enfants, des patients, des personnes âgées et des soignants dans des bâtiments où les températures deviennent parfois insupportables ? Cette situation est le résultat des mauvais choix et de l'inaction de l'exécutif. La rénovation thermique des bâtiments publics, pourtant essentielle pour mieux les isoler contre le froid comme contre les fortes chaleurs, n'a jamais été menée comme elle l'aurait dû l'être.
Mais il existe également des solutions naturelles pour climatiser : planter des arbres. Mais le plan annoncé d'Emmanuel Macron autour d’un milliard d'arbres a surtout relevé du coup de communication[2]. Et pour le peu d'arbres plantés, une partie des financements a été orientée vers de la monoculture : des « champs d'arbres » alignés comme du maïs alors que cela nécessite une véritable politique de restauration des forêts et de végétalisation des espaces urbains.
Pendant que les politiques au pouvoir se moquent totalement ce qui nous attend demain, il ne s'agit que d'une gestion à court terme, leur seul objectif étant de satisfaire les demandes des marchés financiers et des multinationales. Face à la canicule, Emmanuel Macron et le gouvernement traitent la crise environnementale avec le même amateurisme que les crises précédentes.
Nicolas Maxime
[1] Emmanuel Macron, déclaration à la presse en marge du sommet franco-italien d'Antibes, 25 juin 2026, rapportée par RTL, « Une "période totalement inédite" : sur la canicule, Emmanuel Macron défend le "gros travail" d'adaptation qui a été fait », 25 juin 2026.
[2] Emmanuel Macron, discours de clôture des Assises de la forêt et du bois, Palais de l'Élysée, 28 octobre 2022 ; voir également « Feux de forêts : Emmanuel Macron promet la plantation d'un milliard d'arbres d'ici dix ans », AFP / Weka, 31 octobre 2022.