Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Voilà la démonstration du « fascisme déjà là »[1]. C’est précisément pour cela qu’on avertit sans cesse sur les libertariens et leur darwinisme social poussé à l’extrême. Si l’on se déplace du plan moral, on voit bien que ces politiques et ces lois comme ici la loi anti-squat ont des conséquences concrètes, brutales, sur la vie des gens. Derrière les discours sur la « responsabilité individuelle » ou la « liberté économique », il y a des personnes qu’on abandonne parce qu’elles ne rentrent plus dans la logique marchande, ce qui donne à la fin des drames humains. Et le pire, c’est quand certains s’en félicitent, comme si la souffrance des plus fragiles était le prix à payer pour la pureté idéologique du marché.
Dans cette même logique, une nouvelle étape est franchie. Cette fois-ci, les arrêts maladie seront limités dans le temps. Comme si on pouvait décider du temps qu'il faudrait à une personne pour se relever. Peut-on imaginer qu'une personne souffrant d'une grave dépression pourrait reprendre son activité professionnelle après un mois d'absence ? Un pas de plus est franchi dans la déshumanisation.
Ce darwinisme social poussé à l'extrême vise à éradiquer les plus fragiles : pauvres, chômeurs, malades, exclus... considérés comme de simples improductifs. Il faut comprendre que le « fascisme déjà là », ce n’est pas celui des bottes et des uniformes, mais celui, plus sournois et plus froid, de la violence sociale, celle qui détruit lentement les existences, qui les humilie jusqu’à parfois les pousser au désespoir puis au suicide.
Nicolas Maxime
[1] Benoît Girard (Antigone), Revue Antigone | Une nouvelle revue de débat et d’idées.