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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

La garantie d’emploi : une réponse au chômage de masse

Depuis les années 80 et l’adoption des politiques économiques dites « néolibérales », les États ont abandonné la lutte contre le chômage comme priorité économique. Les politiques monétaires des banques centrales sont devenues plus restrictives avec pour objectif principal la stabilité des prix, au détriment du plein emploi, ce qui a débouché sur l’austérité et le chômage de masse.

Dans les pays anglo-saxons a émergé, à partir des années 90, la Modern Monetary Theory (MMT), que l’on traduit en français par Théorie Monétaire Moderne[1]. Cette théorie a démontré qu’un État émettant de la monnaie dans sa propre devise n’avait pas de limite budgétaire au sens traditionnel, puisque, en tant que monopoleur de sa devise, il pourrait toujours financer ses dépenses.

Les contraintes gouvernementales sont le plein emploi et les ressources réelles disponibles, qu’elles soient naturelles ou technologiques. Lorsque ces ressources sont dépassées, cela peut provoquer de l’inflation.

Cette théorie s’appuie également sur la garantie d’emploi (GE), connue également sous le nom d’« État employeur en dernier ressort » (EDR).

Qu’est-ce que la garantie d’emploi ?

Il s’agit de proposer un emploi public, sur la base du volontariat, à chaque chômeur. Ces emplois seraient fixés à un salaire décent et seraient adaptés à la situation de la personne, avec notamment une flexibilité horaire et un aménagement du poste.

Chaque emploi correspondrait à une mission d’intérêt général à destination d’une collectivité territoriale, d’une association ou d’une entreprise d’insertion.

Ce dispositif, bien que financé à l’échelle nationale, serait géré au niveau local afin d’adapter les offres d’emploi selon les besoins spécifiques de la population.

Comment serait financée la garantie d’emploi ?

Comme cela a été vu précédemment, un État souverain sur le plan monétaire n’a pas à se soucier du déficit budgétaire puisqu’il a toujours les moyens de dépenser dans sa propre devise.

La France, par son adhésion à la zone euro, n’est pas souveraine sur le plan monétaire.

La garantie d’emploi pourrait être appliquée au niveau européen en étant alimentée par la Banque centrale européenne, même si cela paraît plutôt utopique aujourd’hui.

On peut également imaginer une sortie de la zone euro et un retour à une monnaie nationale, ou alors l’usage d’une monnaie fiscale complémentaire, c’est-à-dire le paiement de dépenses publiques au moyen de bons du Trésor utilisables ultérieurement pour payer les impôts.

De plus, il faut noter qu’il y aurait de nombreuses économies substantielles : allocations chômage, aides sociales, fonctionnement de certains services, coût de la précarité et de la délinquance. Ces économies pourraient être redirigées vers la garantie d’emploi ou vers d’autres dépenses publiques, voire des baisses d’impôts.

La garantie d’emploi comme outil économique

D’un point de vue économique, la garantie d’emploi constitue un puissant outil de stabilisation des prix en agissant comme un stock tampon.

Ainsi, lorsqu’il y a une récession, les demandeurs d’emploi sont couverts par la garantie d’emploi et, en cas de reprise, les salariés de la garantie d’emploi sont réembauchés par le secteur privé.

De plus, la garantie d’emploi est complémentaire d’un « Green New Deal ». De nombreux emplois de la garantie d’emploi pourraient ainsi servir la transition écologique et énergétique.

Qui seraient concernés par la garantie d’emploi ?

En comptabilisant les demandeurs d’emploi des catégories A, B, C, D et E, on atteint 6,7 millions de personnes privées d’emploi.

En y ajoutant les radiations et les chômeurs désinscrits pour non-actualisation, on arrive à un total d’environ 7 millions, et ce sans comptabiliser ceux qui souhaiteraient travailler mais qui sont déclarés comme inactifs et ne sont pas inscrits à Pôle emploi[2].

Un outil social contre la précarité

D’un point de vue social, la garantie d’emploi améliorerait significativement le niveau de vie de ses bénéficiaires.

La garantie d’emploi constitue un véritable filet de sécurité pour ses bénéficiaires, à contrario des simples aides sociales, et sert de tremplin vers un emploi dans le secteur privé.

Elle propose ainsi une autre manière de lutter contre le chômage en considérant que l’absence d’emploi n’est pas une fatalité, mais un problème auquel la puissance publique peut apporter une réponse directe.

 

Nicolas Maxime


[1] Robert Cauneau, Présentation de la Monnaie Moderne – MMT, MMT France, 16 février 2019, https://mmt-france.org/2019/02/16/presentation-de-la-monnaie-moderne-mmt/.

[2] Pôle emploi, Les demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi – 2 trimestre 2020 (publication de juillet 2020).

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