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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Analyse des résultats des élections italiennes de 2022 : recompositions politiques et impasses stratégiques

Brève analyse des résultats des élections en Italie[1] :

– L’extrême droite, comme en Suède, est arrivée au pouvoir par le biais d’une coalition avec la droite libérale pro-business. Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni s’est allié avec la Lega de Matteo Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi. Autant le dire tout de suite, au risque de casser les espoirs des nationalistes, cela n’arrivera probablement pas en France. Il faudrait une alliance entre le RN de Marine Le Pen, Reconquête d’Éric Zemmour et LR autour de personnalités comme Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti. Or, la droite française, par son histoire gaulliste, est historiquement hostile à l’extrême droite ; une telle alliance apparaît donc très improbable. De plus, il est difficile d’imaginer Marine Le Pen, Éric Zemmour et Laurent Wauquiez s’accorder sur une stratégie commune.

– L’extrême centre néolibéral, le Parti démocrate italien, issu d’une fusion entre sociaux-libéraux et démocrates-chrétiens — une sorte de « La République En Marche » version italienne — n’a été marginalisé que parce qu’il était divisé à ces élections. En effet, l’ancien président du Conseil Matteo Renzi a présenté une liste concurrente, ce qui a favorisé la coalition menée par Giorgia Meloni.

– Le Mouvement 5 étoiles poursuit sa décomposition. Ce mouvement était intéressant à ses débuts, car il se positionnait comme souverainiste et en dehors du clivage gauche-droite, se revendiquant anti-système. Depuis son arrivée au pouvoir, notamment avec Luigi Di Maio, il n’a cessé de décevoir ses électeurs, passant d’une coalition avec la Lega à une autre avec le Parti démocrate. Le mouvement s’est progressivement normalisé, passant du souverainisme à l’européisme, du « ni gauche ni droite » à un positionnement de centre gauche, au point que l’on peine désormais à distinguer ce qui le différencie réellement du Parti démocrate, si ce n’est un interventionnisme économique plus affirmé et une position plus réservée sur l’immigration. L’échec de ce type de mouvement constitue une leçon pour tous ceux qui souhaitent créer un parti « hors des chapelles ». « Ni droite ni gauche » : voilà où cela peut conduire.

– Unione Popolare et l’ensemble des partis de la gauche radicale restent inaudibles et obtiennent des résultats électoraux très faibles. Les causes de cet effondrement sont en grande partie structurelles : la disparition du Parti communiste italien au profit du Parti démocrate, la conversion progressive d’une grande partie de la gauche au néolibéralisme, mais aussi l’absence d’un leader charismatique comparable à Jean-Luc Mélenchon. Comme en France, la gauche radicale met fortement l’accent sur les questions liées aux minorités et à l’immigration, un discours qui peine à convaincre une partie des classes populaires et qui apparaît souvent comme un repoussoir, notamment dans le sud de l’Italie.

 

Nicolas Maxime


[1] Le Monde, Élections en Italie : une victoire historique pour Giorgia Meloni et l'extrême droite, 26 septembre 2022.

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