Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
On nous répète à longueur de temps dans les médias que nous sommes face à un mur gigantesque de la dette publique qui nous mènera bientôt à une mise sous tutelle financière par le FMI ; un mur écologique avec une hausse des températures et une dégradation de l'environnement qui rendront notre planète invivable ; et un mur technologique avec l'essor rapide de l'IA qui remplacera une bonne partie des métiers actuels.
Dans ces conditions, s'il n'y a aucun changement institutionnel et économique majeur — et pas simplement une énième petite réforme de surface — on imagine mal comment les choses peuvent s'améliorer dans le futur. Car demain, le nombre de personnes précarisées va exploser : les 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté[1], les 6 millions de demandeurs d'emploi[2], les 4 millions de mal logés[3] et les 350 000 SDF[4] ne feront que s'accroître. Sans compter que les mesures actuelles d'austérité comme la non-indexation des retraites sur l'inflation, la baisse des indemnités chômage ou les coupes dans le budget de la santé ne seront qu'une partie de rigolade face à ce qui nous attend : une baisse radicale des prestations sociales, une diminution drastique du nombre de fonctionnaires, ce qui aura pour conséquences un effondrement des services publics de proximité, un accroissement des inégalités et une dégradation générale de nos conditions de vie.
Face à cet effondrement en cours, il y a deux manières de réagir : la résignation en acceptant le sort réservé aux vaincus de la mondialisation, ou la contestation en descendant dans la rue, en bloquant l'économie ou en occupant les ronds-points.
C'est ce qu'expriment aujourd'hui les manifestants du 17 octobre 2026, quel que soit le succès de cette journée en termes de participation. Mobilisés contre la vie chère : l'augmentation des prix des denrées alimentaires de première nécessité, mais aussi contre la hausse du coût de l'énergie : carburant, électricité et gaz, ils le sont aussi contre le système politique actuel, verrouillé par des élites déconnectées du réel. Car il y a beau avoir des perspectives d'élections présidentielles dans les six mois à venir, une grande partie de la population a compris que cela ne produira aucun impact significatif tant que les règles du jeu resteront inchangées face aux marchés financiers et aux multinationales.
C'est ce qu'avaient également exprimé les Gilets jaunes en novembre-décembre 2018, les travailleurs mobilisés contre la réforme des retraites, les soignants, les cheminots, les raffineurs, les agriculteurs, les lycéens et les étudiants. La colère qui s'exprime n'est que le refus lucide et souverain d'un peuple face à un avenir sacrifié et à une soumission généralisée.
Nicolas Maxime
[1] Christelle Rieg et Arnaud Rousset, « Les niveaux de vie augmentent en 2024 pour l’ensemble de la distribution », Insee Première, no 2117, juillet 2026.
[2] Dares et France Travail, « Les inscrits à France Travail au 3e trimestre 2025 », Dares Indicateurs, no 51, 28 octobre 2025.
[3] Fondation pour le Logement des Défavorisés, 30e rapport sur l’état du mal-logement en France 2025, janvier 2025.
[4] Ibidem