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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Critiquer le progrès à gauche

Il est devenu vraiment difficile de critiquer le progrès lorsqu’on est de gauche. Pourtant, il existe une pensée socialiste, populaire et anticapitaliste qui est depuis toujours critique envers l’illusion du Progrès et l’atomisation des individus.

C’est la common decency de George Orwell[1], l’enracinement chez Simone Weil[2], le combat de Pier Paolo Pasolini contre la société de consommation[3], la critique par Michel Clouscard de la marchandisation des désirs[4], ou encore les travaux de Christopher Lasch[5] et Jacques Ellul[6].

Comme l’a très bien théorisé la philosophe Nancy Fraser, le capitalisme a réussi à transformer chaque lutte d’émancipation en un nouveau marché et en une compétition individuelle[7]. C’est ce que Jean-Claude Michéa appelle le « libéralisme culturel », qui, en réalité, accompagne le libéralisme économique[8].

Le problème, c’est que dès qu’on pointe cette contradiction, on se fait tout de suite étiqueter « d’extrême droite ». C’est d’une stupidité sans nom.

Car il suffit d’évoquer la nation, la famille et les traditions, ainsi que de revendiquer sa foi chrétienne, pour se faire excommunier. Mais aujourd’hui, refuser que le marché serve de seule grammaire à nos vies vous fait passer pour un réactionnaire auprès d’une gauche progressiste qui a volontairement oublié la question sociale.

 

Nicolas Maxime


[1] George Orwell, Le Quai de Wigan (The Road to Wigan Pier), Victor Gollancz, 1937.

[2] Simone Weil, L'Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, Gallimard, coll. « Espoir », 1949.

[3] Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (Scritti corsari), Garzanti, 1975 ; traduction française, Flammarion, 1976.

[4] Michel Clouscard, Le Capitalisme de la séduction. Critique de la social-démocratie libertaire, Éditions sociales, 1981.

[5] Christopher Lasch, La Culture du narcissisme. La vie américaine à un âge de déclin des espérances (The Culture of Narcissism: American Life in an Age of Diminishing Expectations), W. W. Norton, 1979.

[6] Jacques Ellul, Le Système technicien, Calmann-Lévy, 1977.

[7] Nancy Fraser, Feminism, Capitalism and the Cunning of History, New Left Review, n° 56, mars-avril 2009, p. 97-117.

[8] Jean-Claude Michéa, L'Empire du moindre mal. Essai sur la civilisation libérale, Climats, 2007.

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