Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Voilà ce qu'il faut comprendre : à aucun moment, les néolibéraux n'envisagent de réindustrialiser ou de relocaliser les activités essentielles. Ce qu'exprime Marc Fiorentino n'est en réalité que le point de vue partagé unanimement par tous les économistes orthodoxes : selon lui, la réindustrialisation est un « mythe » et un « fantasme », considérant qu'il est absurde de vouloir rouvrir des usines en France en raison d'un coût du travail jugé trop élevé. Pour cette doctrine, la production matérielle et les usines appartiennent définitivement au passé, qualifiant les tentatives de relocalisation de « retour à la carriole et à la calèche ».
Ce qu'ils envisagent à la place, c'est la transition intégrale vers une économie immatérielle et de services. Car pour le capitalisme néolibéral, ce qui compte c'est la Tech, entretenue par la croyance prométhéenne en un gisement infini de création de richesses par le secteur numérique, qui oublie totalement au passage les contraintes écologiques et physiques les plus élémentaires. Cette vision passe par le développement de start-ups avec son armada de bullshit jobs et de vocabulaire managérial anglophone (scaling, disruption, growth hacking).
Et on cherche à tout prix des Elon Musk français, en valorisant le profil du jeune entrepreneur libertarien assumé, maître de l'IA générative et de l'automatisation, dont les réseaux sociaux étalent la fascination pour la technologie toute-puissante au détriment des savoir-faire réels et de l'emploi productif.
Quand un néolibéral vous évoque la réindustrialisation, regardez ce qu'il propose. S'il s'agit de baisses de cotisations sociales, de déréglementations ou de numérisation à outrance, vous pouvez être sûr que la réindustrialisation ne sera pas la priorité, mais bien l'abandon définitif de la souveraineté au profit de la finance et du numérique.
Nicolas Maxime