Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
D'un côté, une petite bourgeoisie de gauche. Cette bourgeoisie possède ce côté énervant et rageant parce qu'elle vient des beaux quartiers et veut expliquer à tout le monde comment vivre. Ce sont les bobos QVE (quinoa-vélo-éoliennes) issus des grandes métropoles, donneurs de leçons, souvent issus des professions intellectuelles supérieures et complètement obsédés par les thématiques du genre et de la race au détriment de la question sociale. Il suffit de regarder leurs pages Facebook ou leurs fils sur les réseaux sociaux pour observer le peu de fois où ils évoquent la détresse des agriculteurs, les usines qui ferment ou délocalisent, la dégradation de l'hôpital public ou la montée du sans-abrisme. Souvent méprisants envers la France périphérique et ses habitants qu'ils perçoivent comme des beaufs racistes, blancs et cisgenres, cette bourgeoisie souhaite surtout imposer son modèle progressiste et cosmopolite au reste de la France, quitte à faire taire toute opposition populaire.
De l'autre côté, une bourgeoisie de droite. Cette droite est tout aussi moralisante, à ce détail près qu'à la différence de la bourgeoisie de gauche qui a ce côté agaçant et parfois risible, celle-ci devient carrément détestable. Elle s'illustre par son côté arrogant, cynique et carrément sadique. Car en plus de faire genre qu'elle s'intéresse aux prolos qu'elle ne souhaite nullement aider, elle préfère désigner des boucs émissaires : les précaires, les migrants, les musulmans, les jeunes de banlieue, les « wokes ». Dans un pur sado-droitisme nourri par l'obsession de l'Ordre, cette bourgeoisie se réjouit même de voir des manifestants ou des jeunes se faire éborgner ou castagner par la police. Ces bourgeois de droite parlent tout le temps de la Nation, mais s'avèrent en réalité soumis à la volonté des marchés financiers et des multinationales, leur seul but consistant à vendre la Sécurité sociale et les retraites aux assurances privées et aux fonds de pension. Le pire réside dans le fait qu'ils parlent tout le temps de travail alors que la plupart d'entre eux exercent un bullshit job dans la finance ou le conseil. Ils dénoncent l'assistanat à longueur de journée et jubilent à l'idée de voir les pauvres, qu'ils surnomment des « cassos », trimer pour des miettes.
En somme, il existe la bourgeoisie culturelle, qui tire son influence du capital scolaire, culturel et symbolique, et la bourgeoisie économique, qui tire son pouvoir du capital financier, patrimonial et entrepreneurial. Les membres de ces deux groupes ont fréquenté parfois les mêmes bancs de l'école, partagent les mêmes codes sociaux et se côtoient dans les mêmes quartiers ou salons du pouvoir.
Et au milieu, il y a le peuple, qui ne se reconnaît absolument pas dans les aspirations et les délires de ces deux classes dominantes. D'un côté, la bourgeoisie culturelle le traite de réac et d'inculte ; de l'autre, la bourgeoisie économique le traite d'assisté et de fainéant.
Bourgeoisie de gauche contre bourgeoisie de droite : deux camps qui se considèrent comme rivaux, mais qui sont complètement complices pour maintenir le peuple hors du jeu et préserver leurs privilèges respectifs.
Nicolas Maxime