Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Alors qu'on apprend une hausse des cotisations des complémentaires santé de l'ordre de 8 % par an pour faire face aux nouveaux transferts de charges de la Sécurité sociale vers les mutuelles[1], on apprend EN MÊME TEMPS qu'un rapport d'experts (experts en quoi, on se demande bien...) préconise que certains actes actuellement remboursés par la CPAM soient entièrement à la charge des complémentaires.
Ainsi, le remboursement des lunettes, des prothèses auditives et dentaires, les transports sanitaires et même les premiers jours d'arrêt maladie devraient être intégralement pris en charge par les complémentaires santé. On a bien compris ce que cherchent à faire nos dirigeants, c'est le désengagement du public au profit du privé. Cela entre en adéquation avec la logique du gouvernement qui cherche à transférer une part plus importante des soins courants ou de ville (consultations, dentaire, optique, appareillage) vers les mutuelles et complémentaires. Mais il ne faut pas croire que cela va s'opérer par magie. Car chaque transfert de charge de la Sécurité sociale vers les organismes complémentaires se traduira, à terme, par une hausse des cotisations des mutuelles. En somme, chacun devra payer plus pour se soigner ! De même, cette prise en charge plus importante par le secteur privé augmentera le reste à charge pour les ménages les moins bien couverts qui sont souvent les plus précaires, créant une santé « à deux vitesses ».
Ce coup de rabot envisagé au détriment de la Sécurité sociale et au bénéfice des mutuelles privées ne changera rien à la finalité, mais ne fera qu'aggraver la situation face aux besoins immenses en termes de santé et de dépendance. À contrario de ce scénario, il faudrait passer à une 100 % Sécurité sociale, où les mutuelles complémentaires deviendraient de simples supplémentaires pour préserver l'esprit de 1945 (ce qui permettrait au passage de faire des économies considérables notamment en frais de gestion), où « chacun cotise selon ses moyens et chacun reçoit selon ses besoins », peu importe son statut social, son niveau de revenus ou son âge.
Nicolas Maxime
[1] Capital, Les mutuelles vont augmenter de 8 % en 2027, et ce sont les retraités qui paieront le plus, 22 septembre 2026.